Quand un invité indésirable débarque chez vous, il ne casse pas les murs, mais il déplace les objets, et vos habitudes se perdent. Chez les personnes atteintes du syndrome de Down, cet invité, c'est un chromosome 21 en trop, et les chercheurs ont longtemps cherché ce qu'il modifie exactement dans le fonctionnement de l'organisme.
Pour y voir clair, ils ont créé des souris portant ce même chromosome supplémentaire, en retirant tous les gènes étrangers qui auraient pu brouiller le tableau. Nourries normalement, ces souris ont vite présenté un trouble du métabolisme du sucre et des graisses : leurs cellules ne répondaient plus correctement à l'insuline, et l'équilibre des lipides dans le sang était modifié. Chez les femelles, ces dérèglements se sont révélés plus marqués que chez les mâles.
Les chercheurs peuvent désormais rendre tour à tour à chaque gène triplé sa dose normale et observer ce qui change. C'est comme remettre de l'ordre dans une maison : on replace d'abord un objet, puis un autre, et peu à peu on comprend d'où vient le désordre.
Chez les souris Ts66Yah nourries à l'aliment standard, les femelles pèsent plus lourd que leurs congénères euploïdes, bien qu'elles mangent et bougent autant, et chez les mâles la température corporelle est plus basse en phase de repos. De plus, sous régime riche en graisses, la sensibilité à l'insuline s'améliore chez les mâles, ce qui paraît paradoxal en pleine obésité.
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.