Quand vous êtes debout dans un bus et que le conducteur freine brusquement, le cerveau a le temps, en quelques fractions de seconde, de contracter les muscles pour vous éviter la chute. Cette réponse automatique naît au plus profond du cortex, dans une région qui planifie les mouvements complexes, le cortex moteur supplémentaire. Les chercheurs ont voulu vérifier ce qui se passe dans cette région une seconde avant la poussée, chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson et chez les personnes âgées en bonne santé.
Les participants se tenaient sur une plateforme qui se décalait brusquement vers l'avant ou vers l'arrière. L'électroencéphalogramme enregistrait l'activité cérébrale, puis un algorithme en extrayait précisément la source qui réagissait le plus fortement à la poussée. Résultat : chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, plus le « disque rayé » du rythme bêta se faisait entendre avant la poussée, plus elles échouaient au test clinique d'équilibre. Chez les personnes âgées en bonne santé, ce lien n'existait pas.
On pensait auparavant que le rythme bêta n'était qu'un marqueur de la maladie de Parkinson, mais on voit désormais qu'il empêche activement le cerveau d'actualiser les informations sur la position du corps. Quand le disque se rayé, le cerveau n'entend plus les nouveaux signaux venus des muscles et des articulations : la réaction à la poussée arrive donc en retard, et la personne perd l'équilibre.
Pour l'instant, ce savoir ne s'est pas transformé en médicament ni en appareil, mais il change le regard porté sur le problème. Au lieu de mesurer le volume moyen du rythme, il faudrait repérer les brefs épisodes où le disque se raye particulièrement fort. Ce sont eux qui pourraient devenir un signe précoce des chutes à venir chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.
L'aire motrice supplémentaire (SMA), région d'où le signal était extrait, participe à la planification des mouvements et a été décrite pour la première fois chez le singe dans les années 1950. Sa lésion chez l'humain provoque le syndrome de la « main étrangère ».
Non publié sur arXiv. Voici sa page, le PDF et la formalisation : vous pouvez vérifier vous-même, pas seulement lire notre analyse.