Au centre du Grand Nuage de Magellan, la plus proche de nos grandes galaxies satellites, se cache un chef d'orchestre invisible. Les astronomes soupçonnent la présence d'un trou noir supermassif, un objet dont la masse dépasse celle du Soleil de plusieurs centaines de milliers de fois et qui n'émet aucune lumière. Mais impossible de mettre la main dessus : il a très bien pu quitter son podium. La galaxie est secouée par l'attraction de la Voie lactée, et elle est entrée récemment en collision avec le Petit Nuage de Magellan. Sous l'effet de ces secousses, le trou noir a pu s'écarter du centre.
La carte l'a montré : la position moyenne se situe à seulement six minutes d'arc du centre. C'est comme une pièce de monnaie posée à deux centimètres du milieu de la table. Le pic de probabilité, lui, coïncide carrément avec le centre. Autrement dit, le chef d'orchestre est très probablement resté à sa place. Les télescopes peuvent donc être pointés précisément vers cette zone, à la recherche d'indices de la présence du trou noir, par exemple la lueur du gaz brûlant qui l'entoure.
La région prédite recoupe le candidat amas stellaire nucléaire NGC 1916, ce qui fait de cet amas une cible particulièrement intéressante pour la recherche d'un trou noir en accrétion. La distance au Grand Nuage de Magellan est d'environ 49,9 kiloparsecs, et la position moyenne prédite du trou noir se trouve environ 100 parsecs plus près de nous que la distance admise à la galaxie.