Plonger au cœur du proton : un nouveau détecteur à la recherche de forces inconnues ✛

Original: "Electron Scattering at the Intensity Frontier with SoLID"
· Zein-Eddine Meziani
arXiv:2408.16037 · 2024-08-28 · CC BY 4.0 · 1 min
Le détecteur SoLID révélera la structure interne des protons et vérifiera l'existence de particules encore inconnues.

Au laboratoire Jefferson (États-Unis), on prépare la mise en service du spectromètre SoLID, un instrument qui trie les particules selon leurs propriétés. Il fonctionne comme un microscope tridimensionnel ultra-rapide : il capture les traces laissées par les collisions d'électrons avec des protons et reconstitue la structure interne de la matière.

Ce « microscope » poursuit trois objectifs. Premièrement, dresser une carte tridimensionnelle du proton, où se déplacent les quarks — de minuscules briques — et les gluons qui les collent. Deuxièmement, mesurer l'origine de la masse. Les quarks eux-mêmes sont presque sans poids : 99 % de la masse provient de l'énergie du champ de gluons. SoLID verra pour la première fois la distribution de cette énergie. Troisièmement, l'instrument cherche des particules qui ne rentrent pas dans le modèle standard — la meilleure théorie du monde microscopique. La détection, par exemple, de photons sombres — des analogues invisibles de la lumière — pourrait expliquer la nature de la matière noire. Et alors, il s'avérerait que la « solidité » familière de la matière n'est qu'une illusion engendrée par l'énergie des champs.

Près de 99 % de la masse du proton n'est pas due aux quarks, mais à l'énergie du champ de gluons. Sans cette « colle », les protons seraient presque sans masse — et nous n'existerions tout simplement pas.

Sans la « colle » de gluons, le proton serait presque sans masse : les trois quarks qu'il contient pèsent moins de 2 % de sa masse réelle.

La recherche de particules inconnues fait écho à l'idée de science-fiction de couches cachées de la réalité, comme le sous-espace de « Star Trek » ou les dimensions supplémentaires d'« Interstellar ».

\frac{d^3 \sigma}{dx\, dQ^2\, dz}
La section efficace différentielle triple de la diffusion profondément inélastique semi-inclusive : combien d'événements se produisent par intervalles de la fraction d'impulsion du quark x, du carré du transfert d'impulsion Q² et de la fraction d'énergie de l'adron z. C'est dans de tels bins multidimensionnels que SoLID mesurera les sections efficaces pour reconstruire la structure 3D du nucléon.
A_{PV} = \frac{\sigma_R - \sigma_L}{\sigma_R + \sigma_L}
L'asymétrie de violation de parité : la différence entre les sections efficaces de diffusion des électrons à polarisation droite et gauche, divisée par leur somme. Dans le modèle standard, cette asymétrie est faible mais précisément calculable ; un écart par rapport à la prédiction indiquerait une nouvelle physique.
Scientifiques
Emmy NoetherBernhard RiemannJoseph WeberKarl SchwarzschildKip ThorneRainer Weiss
Notions
collisionneur électron-ion dispositif supraconducteur à interférence quantique capteur de champ électrique électronvolt gigaelectronvolt euclide limite d'Eddington faisceau d'électrons kiloelectronvolt dispositifs électroniques distribution spectrale d'énergie électrolyte solide scintillateur liquide diode électroluminescente noyau de plomb détecteur au silicium mesure de raie spectrale Grand collisionneur de hadrons seti télédétection par lidar