La mécanique quantique admet la fonction de Wigner — une sorte de carte des probabilités qui peut parfois passer en dessous de zéro, comme un fantôme. Cela indique que le système se trouve dans une superposition (chevauchement d'états) sans équivalent dans la vie courante. Habituellement, pour faire apparaître une telle « négativité » dans des oscillations mécaniques, il faut des conditions extrêmes. Mais des physiciens ont trouvé une voie plus simple : un résonateur à réponse non linéaire agit comme un miroir déformant. Une courte impulsion laser, en se réfléchissant, se déforme et « enroule » l'étrangeté quantique sur le mouvement — et voilà que la négativité de Wigner se manifeste sans artifices superflus.
C'est un carburant pour les ordinateurs quantiques et les algorithmes, une ressource pour l'information quantique. De plus, la méthode promet de simplifier les détecteurs d'ondes gravitationnelles, imaginés par Rainer Weiss — là aussi, on lutte contre le principe d'incertitude et la décohérence quantique. Les travaux de David Wineland et de Serge Haroche ont inspiré les auteurs et ont contribué à réduire les exigences de l'expérience.
La fonction de Wigner a été proposée par Eugene Wigner en 1932 comme un pont entre la physique classique et la physique quantique. Ses valeurs négatives sont une sorte de « fantômes de probabilité » : elles signalent un état profondément non classique, mais on ne peut pas mesurer directement cette négativité, seulement la calculer indirectement.