Qui arrivera à bon port depuis la gare : trois profils de voyageurs et le vélo partagé

Original: "How do activity-end trip characteristics affect the choice for shared micromobility? A latent class choice modelling approach for train station egress trips in the Netherlands"
arXiv:2505.03297 · 2025-05-06 · CC BY 4.0 · 4 min
Les Néerlandais se répartissent en trois groupes selon leur disposition à troquer le train contre un vélo partagé, une trottinette ou un bus, ce qui influe sur les politiques d'aménagement des gares.

Contexte

Le dernier segment du trajet, de la gare à la destination finale, est le point névralgique de tout voyage en train. Aux Pays-Bas, seuls 19% de la population vivent à moins d'un kilomètre d'une gare, et 69% dans un rayon de 5 km ; c'est souvent ce segment qui détermine si l'on prend le train ou la voiture. À côté de ces travaux, des recherches examinent comment les transports partagés concurrencent le bus et le tramway en ville, et le potentiel du vélo comme prolongement du trajet. Mais presque personne ne s'est penché sur la diversité des modes partagés, du vélo classique à la trottinette électrique, spécifiquement pour la sortie du train, ni n'a pris en compte l'organisation du stationnement et de la location.

Méthodes

Les auteurs ont mené une expérience de choix déclarés : 1891 répondants issus du panel des chemins de fer néerlandais et d'un panel commercial ont choisi entre six options : à pied, bus/tram/métro, vélo partagé, vélo électrique, trottinette électrique (step) et cyclomoteur électrique. Chaque option était décrite par le temps de trajet, le temps d'attente, le temps à pied, le prix, le type de stationnement (libre, centralisé, avec personnel) et le type de location (aller simple ou aller-retour). L'expérience a été répétée pour trois distances (1, 4, 7 km), trois durées de trajet en train (15, 45, 75 minutes) et deux motifs (travail/études ou loisirs). Les données ont été analysées avec un modèle de classes latentes, qui identifie des groupes cachés aux préférences distinctes.

Résultats

Le modèle a identifié trois classes. Les enthousiastes du multimodal (58% de la population) n'ont pas d'attachement fort et choisissent l'option offrant le meilleur rapport temps-prix ; ils sont prêts à payer jusqu'à 4,21 euros pour un service gratuit. Les cyclistes sceptiques (16%) préfèrent nettement le vélo, mais sont ouverts aux services partagés s'ils sont sûrs et simples ; ils valorisent un trajet gratuit à 1,81 euro. Les usagers des transports en commun réticents au partage (27%) choisissent le bus ou le tramway et évitent les trottinettes partagées, qu'ils jugent compliquées et dangereuses ; ils sont prêts à payer 1,41 euro de plus pour la présence de personnel sur le parking. La marche est privilégiée pour les distances jusqu'à 2 km, tandis que pour 5 à 10 km, le vélo et le bus se font concurrence. L'introduction de nouveaux services partagés attire principalement les utilisateurs des vélos partagés existants, plutôt que ceux du bus.

Implications

Cette étude se distingue des recherches voisines par le fait qu'elle compare pour la première fois quatre types de modes partagés pour la sortie du train, et qu'elle intègre les paramètres du système, à savoir le type de stationnement et de location. Cela donne aux exploitants de gares un outil pour calculer quel service lancer en fonction de la demande et des distances. La conclusion selon laquelle les nouveaux services partagés se font concurrence entre eux, et non avec les transports en commun, est importante pour la planification : l'ajout d'un vélo électrique n'augmentera pas nécessairement la part des déplacements sans voiture, mais redistribuera simplement les usagers.

Développements futurs

Le sujet pourrait évoluer vers l'étude de la chaîne complète du déplacement : comment la qualité du dernier segment influence la décision de prendre le train plutôt que la voiture. Il serait également intéressant de vérifier comment le comportement change si les transports partagés sont intégrés dans un billet unique avec le train, et comment la météo ou l'heure de la journée affectent le choix.

Impact

Les résultats sont directement applicables pour les opérateurs de transport et les urbanistes lors de la conception des services autour des gares. Ils sont également utiles aux fabricants de modes partagés pour ajuster les tarifs et les formules de location.

Prochaines étapes

La prochaine étape consiste à répéter l'enquête en incluant les automobilistes qui prennent rarement le train, et à donner aux répondants la possibilité de renoncer complètement au trajet en train. Cela permettra d'évaluer combien de personnes peuvent être transférées de la voiture vers la combinaison train + transport partagé.

Problèmes ouverts clés

Pour la science des transports, la question de savoir comment combler l'écart entre les préférences déclarées et le comportement réel reste ouverte : les gens disent une chose dans les sondages et en font une autre. Cette étude montre que la segmentation selon la disposition au partage peut aider, mais des données longitudinales sur l'utilisation réelle des services sont nécessaires.

Aux Pays-Bas, il y a plus de vélos que d'habitants, mais seulement environ 10% des voyageurs réguliers en train possèdent un deuxième vélo du côté de l'arrivée. Le service de vélos partagés OV-fiets, lancé en 2008, a atteint 300 stations et 5,9 millions de trajets par an.

Chiffres clés

  • part des enthousiastes du multimodal: 58% de la population
  • part des cyclistes sceptiques: 16% de la population
  • part des usagers des transports en commun réticents au partage: 27% de la population
  • disposition à payer pour un service gratuit (enthousiastes): 4,21 euros
  • distance de domination de la marche: jusqu'à 2 km
Notions
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