À l'intérieur d'un aimant se trouvent des frontières invisibles – comme des cordes tendues entre des zones de magnétisation différente. Placées dans un piège à miroirs, ces nanocordes sont soumises à un « archet » lumineux : la lumière voyageant à une vitesse prodigieuse exerce une pression sur elles et les fait vibrer de manière coordonnée. La pression de la lumière synchronise leurs frémissements, les transformant en un instrument quantique unique.
Les scientifiques ont maîtrisé le réglage précis de la luminosité et de la couleur de la lumière piégée, ainsi que de la « tension » magnétique qui maintient les cordes. Grâce à cela, l'intrication persiste à des températures de quelques millièmes de degré au-dessus du zéro absolu – des dizaines de fois plus chaud que d'habitude. La cavité agit comme une oreille hypersensible qui capte la mélodie quantique des parois. Cette recherche poursuit la voie de Jeff Kimble vers l'agrandissement des ensembles quantiques. Encore un peu de chaleur, et l'on pourrait assembler des qubits fiables pour l'informatique quantique à partir de telles cordes intriquées.
La liaison quantique craint généralement la chaleur plus qu'un bonhomme de neige ne craint le soleil d'été. Mais ces parois supportent des températures allant jusqu'à 0,01 degré au-dessus du zéro absolu. Pour l'échelle : dans une expérience ordinaire, il faudrait un froid cent fois plus intense.
Comme sorti de la science-fiction : les particules intriquées pour une communication interstellaire instantanée trouvent un prototype réel.