L'action intelligente commence par un plan. Tout comme un architecte a besoin de plans pour évaluer les options, tout agent doté de volonté doit copier à plusieurs reprises les données sur la réalité. Mais la mécanique quantique interdit la reproduction exacte d'états inconnus — le théorème fondamental à ce sujet a été découvert par Wojciech Zurek et William Wootters. Un objet purement quantique ne peut ni conserver une « empreinte » de son environnement, ni comparer des scénarios alternatifs du futur.
On peut tenter de copier de manière approximative, mais la qualité tombe en dessous du niveau nécessaire pour des décisions fiables. Même l'exécution de l'étape choisie est entravée par la linéarité des équations quantiques : on ne peut pas simplement extraire un résultat parmi une multitude de probabilités superposées. L'architecte du monde quantique reste sans crayon qui ne se casse pas à chaque tentative de dessiner son projet.
La conclusion est saisissante : l'esprit, la volonté et l'intentionnalité exigent des « pièces » classiques — elles jouent le rôle d'une scène rigide aux limites nettes, à l'instar de la courbure de l'espace-temps ou de la limite de la vitesse de la lumière, sur fond desquelles se déroule le drame du choix. Le plus inattendu : cette interdiction de copier n'est pas un bug, mais une protection. C'est elle qui garantit l'invulnérabilité de l'information quantique, ouvrant la voie à des communications absolument sécurisées.
Le théorème de non-clonage stipule qu'il est impossible de créer une copie exacte d'un état quantique inconnu arbitraire. Ce n'est pas une limitation technique, mais une loi fondamentale de la nature.
Dans la science-fiction, on rencontre souvent l'idée d'une conscience quantique (par exemple, dans le roman « Le Voleur quantique » de Hannu Rajaniemi), mais les nouveaux résultats montrent que sans composante classique, aucune « pensée » quantique n'est possible.