Dans les micropuces, la lumière chauffe inévitablement la matière, provoquant des fluctuations thermiques — des secousses chaotiques qui perturbent le fonctionnement précis. Les dispositifs ordinaires ressemblent à une corde tendue sur un cadre fragile : à la moindre chaleur, elle se désaccorde. Les ingénieurs ont créé une puce où tous les éléments sont solidement fixés, comme des cordes sur la table d'harmonie massive d'un piano à queue. La chaleur se dissipe 60 fois plus efficacement (la différence entre un murmure et une conversation forte). Grâce à la mesure précise de la lumière et à la spectroscopie, les scientifiques ont constaté que le bruit a tellement diminué qu'on peut envoyer un faisceau laser beaucoup plus puissant, et les quanta de son — les phonons — restent purs. Ce pont optomécanique relie les micro-ondes et la lumière, rapprochant l'internet quantique. Rebondissement inattendu : à des températures d'hélium liquide, les phonons deviennent des porteurs idéaux d'information quantique — des qubits qui fonctionnent sans la moindre erreur.
À des températures proches du zéro absolu, les phonons deviennent des qubits idéaux — on peut déjà effectuer des calculs quantiques sans bruit thermique.
Ces puces transforment la lumière en son et vice versa, comme des ponts entre des mondes de science-fiction, où l'information glisse sans perte.