Après le Big Bang, l'univers était brûlant et dense. Dans les amas de matière noire — cette substance invisible qui ne se trahit que par la gravité — les particules s'annihilaient en produisant un rayonnement puissant. Cette chaleur cachée, tel un foyer invisible, réchauffait les nuages de gaz de l'intérieur. S'allumaient alors d'immenses étoiles sombres : diffuses, étendues, brillant plus fort que des galaxies entières. Quand le feu intérieur s'éteignait, l'étoile s'effondrait en trou noir. Ce mécanisme, comme le pensaient Vera Rubin et Fritz Zwicky, aurait pu engendrer les trous supermassifs au centre des galaxies. Aujourd'hui, des astrophysiciens ont modélisé la lumière totale émise par ces géantes sur toute l'histoire de l'expansion de l'univers. Il s'avère que leur faible lueur gamma, collectée par le satellite Fermi, peut être extraite du fond diffus — à condition que les particules de matière noire ne soient pas trop lourdes. Voilà une chance de toucher l'invisible du doigt. Et rebondissement inattendu : si une telle étoile se trouvait à proximité, on la verrait avec un simple télescope — un point brillant au décomposé chromatique étrange.
Dans un télescope d'amateur, une étoile sombre apparaîtrait comme un point brillant à la coloration iriséee peu naturelle — comme un fragment de l'univers primordial.