Une caméra qui voit l'ultraviolet coûte généralement le prix d'une belle voiture. Tout cela parce qu'elle nécessite un cristal spécial et une usine complexe. Des ingénieurs coréens ont choisi une autre voie : ils ont pris une puce tout à fait ordinaire, comme celles fabriquées par millions pour les téléphones, et y ont déposé une fine couche de nanoparticules d'oxyde métallique, un peu comme une peinture en spray.
Cette couche ne fonctionne pas comme les capteurs de lumière habituels. Un capteur classique capte la lumière comme une pluie dans un seau : chaque goutte (photon) ajoute une charge. Ici, la couche modifie sa capacité électrique — sa capacité à accumuler une charge — lorsqu'elle est exposée aux ultraviolets. La puce sous la couche mesure ce changement, comme une balance sensible détecte qu'un grain de poussière s'est posé sur le plateau. La lumière visible, elle, ne dérange pas la couche : elle lui est transparente, comme une vitre l'est aux ondes radio.
Cette simplicité ouvre la voie à des appareils bon marché. Le capteur peut être imprimé sur un film souple ou intégré directement dans un gadget de cuisine qui vérifiera si les aliments ne sont pas avariés sous une lampe ultraviolette. À l'usine, il inspectera les microcircuits pour détecter les défauts, et dans la poche, il préviendra que le soleil est aujourd'hui trop agressif pour la peau.
Les ingénieurs coréens n'ont pas inventé un nouveau matériau : ils ont assemblé un puzzle à partir de pièces existantes. Du silicium ordinaire, des nanoparticules bon marché, une impression standard. L'œil ultraviolet a cessé d'être un luxe pour devenir un consommable, comme une pile.
La couche de nanoparticules peut être déposée avec une imprimante à jet d'encre, comme on imprime des photos à la maison.