La matière noire est cette substance invisible qui compose cinq fois plus de l'Univers que la matière ordinaire. Ses particules interagissent à peine avec les atomes, mais il leur arrive de percuter un électron, comme une corde effleurée par le vent.
Dans les ordinateurs quantiques, les qubits, refroidis à des températures extrêmement basses, sont comparables à des cordes tendues : la moindre perturbation fait dérailler leur « son » pur. La collision d'une particule de matière noire avec un électron dans un tel dispositif provoque un tremblement qui augmente l'entropie et interrompt le signal. John Bardeen a expliqué la supraconductivité, clé de leur fonctionnement.
En écoutant ce tremblement dans des dizaines d'expériences, les scientifiques ont éliminé les perturbations ordinaires et ont identifié une contribution qui ne rentre pas dans la physique connue. Ils ont ainsi établi des limites record sur les propriétés des particules de matière noire et sur leur diffusion sur les électrons, au-delà du modèle standard.
L'énergie déposée par l'impact d'une particule de matière noire est si faible qu'elle suffirait à peine à soulever un grain de sable de l'épaisseur d'un cheveu humain — mais même cette goutte d'énergie fait dérailler la corde quantique.
Les auteurs de science-fiction rêvaient de détecteurs de particules fantômes. Les cordes quantiques ont transformé ce rêve en réalité, permettant d'entendre le cosmos silencieux.