Les astronomes écoutent la lumière des étoiles grâce à la spectroscopie : ils la décomposent en arc-en-ciel et lisent les « voix » sombres des éléments chimiques. Mais l'étoile très froide TRAPPIST-1 ne sonnait pas comme le prédisaient les modèles : on n'entendait presque pas le fer ni l'eau, alors qu'ils devraient être abondants.
L'erreur venait du « volume » de l'environnement. Dans les étoiles chaudes comme le soleil, les molécules se bousculent constamment et leurs voix se fondent en une cacophonie — on n'entend que du bruit. Dans l'atmosphère froide et raréfiée de TRAPPIST-1, les collisions sont rares et chaque voix résonne distinctement. Or les modèles appliquaient les règles d'une rue bruyante à une bibliothèque silencieuse. Après correction, tout concordait. La plupart des étoiles de la galaxie sont justement de telles « discrètes », et nous commençons seulement à apprendre à les écouter. On peut désormais chercher plus précisément l'eau et les traces de vie sur les exoplanètes.
L'étoile TRAPPIST-1 est si froide que sa température n'est que d'environ 2500°C — deux fois moins que celle du Soleil. Si elle remplaçait notre astre, la Terre recevrait moins de lumière que Pluton n'en reçoit actuellement.