Une jeune étoile ressemble à une toupie à plusieurs étages : ses couches externes tournent plus lentement que ses couches internes. Le champ magnétique y agit comme des fils solides qui relient ces couches. Lorsque les vitesses diffèrent, les fils commencent à s'enrouler et à se tendre de plus en plus. À un moment donné, ils cèdent — et le simple champ dipolaire (comme celui d'un aimant droit) se brise, laissant place à un champ faible et désordonné.
C'est exactement ce qui se passe dans les entrailles des étoiles, composées principalement d'hydrogène et d'hélium. L'analyse de leur lumière (spectroscopie) confirme que les champs sont chaotiques et instables. Le paradoxe, c'est que la rotation rapide, qui devrait renforcer l'aimant, le casse en réalité.
Pour les étoiles semblables au Soleil, ce lien entre la vitesse de rotation et le chaos magnétique est devenu une clé pour comprendre leur passé : à partir du champ actuel, on peut déduire à quelle vitesse l'étoile tournait dans sa jeunesse.
Le Soleil inverse son champ magnétique tous les 11 ans, comme un interrupteur géant. Mais chez de nombreuses étoiles, à cause de la torsion interne, ce cycle est perturbé et le champ mène une vie imprévisible.