Pour savoir si une roche martienne contient de l'eau sans la briser, des scientifiques ont utilisé la radiographie par neutrons et rayons X, un peu comme à l'hôpital. Les neutrons détectent l'hydrogène, composant de base de l'eau, et permettent de cartographier l'humidité à l'intérieur de l'échantillon. Dans la météorite NWA 7034, un morceau de croûte martienne, on a découvert des minéraux qui ressemblent à de la rouille, mais imprégnés d'eau. Ces oxydes de fer avec de l'hydrogène agissent comme une éponge de pierre : ils ont absorbé l'eau ancienne lorsqu'elle s'est infiltrée dans la lave solidifiée. Encore aujourd'hui, des milliards d'années plus tard, ils retiennent l'humidité à des températures supérieures à 100°C — l'eau est piégée non seulement sous forme de glace, mais aussi à l'intérieur des roches. Le rover Perseverance trouve des traces similaires dans le cratère Jezero, suggérant que le jeune Mars était parcouru de poches d'eau. Cette méthode pourrait un jour aider à étudier des échantillons martiens sur Terre sans en perdre une miette, et à chercher des indices microscopiques de vie ancienne.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2601.08390
The next great leap in Martian exploration will be the return of samples to Earth. To ensure the maximum scientific return from studying these samples, the development and utilisation of nondestructive analytical techniques are essential to enable early three-dimensional characterisation of their interiors. Neutron computed tomography is a powerful method in this context: it is highly sensitive to hydrogen and complements the more conventional X-ray computed tomography. Because the distribution and nature of hydrous phases are central to understanding the habitability, the climatic and geological evolution, and potential biosignatures of Mars, identifying hydrogenbearing phases in Martian crustal rocks is of particular importance. Using the only Martian crustal material available on Earth, the NWA 7034 meteorite and its pairs, we show that combined neutron and X-ray computed tomography enables non-destructive sample-wide mapping of hydrogen and reveals the distribution and petrographic contexts of hydrous phases. We identify hydrogen-rich iron oxyhydroxides within ancient igneous clasts, forming a macroscopic mineralogical water reservoir within the meteorite. These alteration assemblages closely resemble those observed in samples collected by the Perseverance rover in Jezero crater, where hydrated iron oxyhydroxides are also present. This similarity suggests that such phases may represent a widespread near-surface water reservoir on early Mars.
Pour « presser » l'eau d'une telle éponge de pierre, il faudrait une température supérieure à 400°C — une chaleur que l'on ne rencontre jamais à la surface de Mars.
À l'instar du héros de « Seul sur Mars » qui extrait de l'eau du sol martien, les scientifiques découvrent une humidité cachée, emprisonnée dans les minéraux.