Au cœur de chaque galaxie sommeille un trou noir supermassif. Lorsqu'il dévore de la matière, ses environs s'embrasent : c'est un noyau actif. Comment connaître les éruptions passées quand le trou noir se tait ? La réponse nous vient de l'écho lumineux.
À l'instar d'un écho dans une salle vide, où les résonances errent après que la source s'est tue, le rayonnement d'un noyau éteint voyage à travers la galaxie. Les astronomes l'ont capté en mesurant la polarisation — la direction d'oscillation des ondes lumineuses. Dans GSN 069, la polarisation augmente à mesure que l'on s'éloigne du centre, alors qu'elle est presque nulle dans le noyau. Cela signifie que la source de lumière s'est éteinte, mais que les rayons réfléchis portent encore son histoire.
L'analyse conjointe de la spectroscopie et de la photométrie a montré que le noyau de GSN 069 ne se contentait pas de déchiqueter les étoiles qui passaient à sa portée : il brillait régulièrement, entouré d'un « beignet » de gaz qui canalisait le rayonnement. Le plus surprenant : le trou noir s'est tu alors que les civilisations anciennes existaient déjà sur Terre. Son sommeil actuel n'est qu'une brève pause dans une vie tumultueuse.
L'écho lumineux révèle des événements cosmiques avec un décalage qui fait de nous les témoins d'un passé lointain — comme si nous regardions un film tourné il y a des milliers d'années.