Les rayons X des étoiles ne se capturent pas avec un miroir ordinaire : ils traversent le verre comme la lumière traverse une vitre. Pour les réfléchir, il faut un miroir presque parallèle au faisceau : alors les rayons glissent sur la surface comme un galet plat sur l'eau, et ne changent que légèrement de direction.
Les ingénieurs japonais ont fabriqué un tel miroir en nickel par galvanoplastie : ils ont déposé le métal sur une forme précise, comme on fait geler de la glace sur un tuyau en hiver. Le résultat est une coupelle d'une seule pièce, sans soudure, de 60 mm de diamètre. Ils l'ont envoyée sur la ligne d'un kilomètre du synchrotron SPring-8, où le faisceau de rayons X a été transformé en un large flux parallèle, semblable à la lumière d'une étoile lointaine.
Le centre de la tache est encore plus net : 0,7 seconde d'arc. Pour comparaison, un cheveu humain vu à 100 mètres sous-tend un angle d'environ 1 seconde d'arc. Cette netteté a été conservée même après l'assemblage du miroir en un module multicouche.
Le miroir a déjà volé dans l'espace à bord de la fusée FOXSI-4 pour capter le rayonnement X dur des éruptions solaires. Désormais, ces miroirs pourraient équiper des CubeSats, des satellites de la taille d'une boîte à chaussures. Ainsi, un petit engin pourrait voir le Soleil en rayons X avec la même clarté que les grands observatoires.
Un miroir à rayons X ne réfléchit les rayons que sous un angle très faible, inférieur à un degré. C'est pourquoi on le fabrique en forme de cône étroit, et non de coupelle comme pour un télescope réflecteur.
Dans le film « Interstellar », les héros traversent un trou de ver où les rayons X déforment l'espace. De tels miroirs pourraient aider à observer les disques d'accrétion autour des trous noirs.