La lumière dans un microscope n'arrive pas en flux régulier, mais comme une pluie de plomb : tantôt plus de photons, tantôt moins. Cette dispersion aléatoire, c'est le bruit de grenaille. Il impose une limite : les signaux faibles provenant d'objets minuscules se noient dans cette ondulation.
Les scientifiques ont trouvé le moyen d'apaiser cette grenaille. Ils utilisent deux faisceaux lumineux nés ensemble et liés de telle sorte que leurs fluctuations s'annulent mutuellement. L'un des faisceaux traverse l'échantillon, l'autre reste intact. En les comparant, on peut soustraire le bruit et ne conserver que le signal utile. C'est comme un casque à réduction de bruit : une mélodie douce s'entend même dans une salle bruyante.
Le nouveau microscope a déjà repéré, à l'intérieur des cellules, la substance cytochrome c, que la lumière ordinaire ne montrait pas. Désormais, les biologistes observent des processus vivants sans colorants, et les spécialistes des matériaux contrôlent plus précisément les nanoparticules.
Le bruit de grenaille, c'est comme le bruit de la pluie sur un toit : les gouttes tombent de manière irrégulière, et dans un signal faible, cette irrégularité s'entend d'autant plus.