La lumière peut dessiner des motifs directement à l'intérieur de l'œil, sans écran ni lunettes. Lorsqu'un faisceau de forme particulière pénètre dans la pupille, il crée dans le champ visuel des rayons sombres, semblables aux rayons d'une roue en rotation. Ces rayons sont vus par la personne elle-même, car ils naissent dans les cellules de la rétine, et non à l'extérieur. Ce motif est appelé entoptique, c'est-à-dire « visible de l'intérieur ».
Dans cette nouvelle étude, cet effet a été utilisé pour vérifier la santé de la macula, une petite zone au centre de la rétine qui assure la vision nette. Les scientifiques ont montré aux participants un motif rotatif de 22 rayons et ont progressivement réduit sa taille jusqu'à ce que la personne ne puisse plus déterminer le sens de rotation. Cette taille minimale constitue le seuil, qui peut varier en cas de maladies de la macula, comme la dégénérescence maculaire liée à l'âge.
Pour que la méthode soit utilisable en clinique, elle doit donner des résultats identiques lors de répétitions. Ainsi, 25 personnes en bonne santé, âgées de 21 à 75 ans, ont passé le test deux fois, avec un intervalle de 1 à 14 jours. La comparaison a montré une excellente répétabilité : un coefficient de fiabilité de 0,83 pour l'œil droit et de 0,93 pour l'œil gauche (où 1 correspond à une concordance parfaite). La différence entre les sessions était inférieure à un degré, soit moins que l'épaisseur d'un ongle à bout de bras.
Ce test ne nécessite ni équipement coûteux ni gouttes pour dilater la pupille. Il repose sur la façon dont l'œil perçoit la lumière polarisée, c'est-à-dire une lumière dont les ondes oscillent dans un seul plan. Si la méthode se confirme chez des patients atteints de stades précoces de la maladie, elle pourrait devenir un moyen simple de dépistage directement au cabinet de l'ophtalmologiste.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2602.08836
Structured light (SL)-induced polarization perception presents a promising method for the early detection of macular diseases such as age-related macular degeneration. We investigated the test-retest reliability of a psychophysical task using SL-based stimuli to induce entoptic patterns in individuals with healthy vision. Twenty-eight participants underwent thorough eye examinations to confirm they had healthy eyes and good vision (logMAR BCVA ~0.00). Of these, 25 participants (n=50 eyes) aged 21 to 75 completed two identical tasks separated by 1 to 14 days. Using SL-based stimuli that produced a rotating entoptic pattern containing 22 azimuthal brushes, we measured the retinal eccentricity threshold $$R_T$$ at which participants could reliably identify the direction of rotation by varying the size of a central obstruction. This threshold reflects the visual angle of the pattern for each participant. We calculated the reliability coefficient (intraclass correlation coefficient, ICC) using a two-way mixed-effects model and conducted a Bland-Altman analysis to assess test-retest reliability. The ICC was 0.83 [95% CI: 0.62 - 0.93] for right eyes (RE) and 0.93 [95% CI: 0.84 - 0.97] for left eyes (LE), indicating good reliability. The Bland-Altman analysis showed a mean difference of -0.32{\deg} (SD: 1.51) and -0.12{\deg} (SD: 1.03) for RE and LE respectively between the first and second sessions, with limits of agreement ranging from -3.28{\deg} to 2.64{\deg} and -2.14{\deg} to 1.89{\deg} for RE and LE respectively, confirming strong agreement and no significant bias. These results demonstrate that SL-based psychophysical tasks are a reliable method for assessing polarization perception, potentially improving screening for diseases affecting macular health.
Tout le monde a déjà vu des motifs entoptiques : les « mouches volantes » devant les yeux sont aussi des ombres projetées par des cellules à l'intérieur de l'œil, et non des objets extérieurs.