Le ciel nocturne tremble. Les flux d'air chaud et froid font danser l'image d'une étoile, et un grand télescope voit une tache floue au lieu d'un point. Pour retrouver la netteté, les astronomes allument dans le ciel une étoile artificielle : un faisceau laser réfléchi par la couche d'atomes de sodium située à environ 90 kilomètres d'altitude. En observant ses scintillements, le miroir du télescope se déforme des centaines de fois par seconde pour compenser les tremblements.
Mais l'étoile laser a un caprice : la couche de sodium lumineuse elle-même monte et descend lentement, et la mise au point du télescope dérive. Auparavant, pour corriger cela, il fallait une vraie étoile à proximité, ce qui n'est pas toujours le cas. Les ingénieurs du télescope Keck à Hawaï ont testé une autre approche : suivre la mise au point directement à partir de l'image de la caméra, sans seconde étoile. Trois algorithmes ont été comparés, comme des cuisiniers en cuisine : qui est le plus précis, qui est le plus rapide, qui ne casse pas quand le signal est faible. Le gagnant est la méthode qui reconstruit la forme de la tache lumineuse, comme on devine une pièce de monnaie à son reflet.
Les essais dans le ciel ont montré que même lorsque l'air était particulièrement agité, l'algorithme retrouvait la netteté.
Désormais, Keck aura plus de nuits où il verra les galaxies lointaines nettement, et non comme à travers l'eau. La même technique pourra servir aux futurs télescopes géants avec des miroirs de trente mètres.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2602.15746
Laser guide stars (LGSs) have been deployed for the last 20-30 years in ground-based astronomical telescopes to overcome the limited sky coverage of classical adaptive optics (AO) systems. Unfortunately, slow altitude drifts of the sodium layer compromise focus measurements, generating the so-called slow focus error, and, consequently, a natural guide star (NGS) is needed to compensate for that error. Our goal is to develop and operationalize a focal plane wavefront sensing (FPWFS) technique for slow focus tracking for the Keck I telescope, which can significantly increase sky coverage and allow slow focus tracking at higher frequencies, reducing the lag error. We develop, characterize, and compare three different FPWFS algorithms, namely Gerchberg-Saxton (GS), linearized focal plane technique (LiFT), and Gaussian fit (Gf). These algorithms were studied for the specific purpose of slow focus sensing in the NIR (H and K bands) using numerical simulations and data collected at Keck in 2025 (bench and on-sky). The three algorithms were studied and characterized against different criteria such as linearity, computational costs, and resistance to low signal-to-noise ratio and/or residuals. From the results obtained, the main candidate for an on-sky deployment was GS. On-sky tests showed promising results, with GS successfully compensating for purposely introduced focus errors, even under the presence of high turbulence conditions. This work can also be extrapolated to other existing 8-10 m class telescopes, or even future 30-40 m class telescopes, where the use of FPWFS can significantly improve sky coverage and reduce the lag error.
La couche de sodium éclairée par le laser se trouve à environ 90 km d'altitude : plus haut que les météores, mais plus bas que l'orbite de l'ISS.