Dans certains cristaux, les électrons s'organisent en une onde — comme des rides à la surface de l'eau, mais faites de charge. En général, une telle onde n'existe qu'à très basse température. Mais dans cette expérience, les scientifiques ont observé que des traces de l'onde persistent même à température ambiante.
Les chercheurs ont pris un cristal de CsV$_3$Sb$_5$, y ont ajouté de l'étain, puis ont suivi la réflexion d'impulsions laser ultra-brèves. En analysant les vibrations des atomes du réseau, ils ont compris que les « rides » de charge n'avaient pas complètement disparu — elles étaient simplement devenues désordonnées et figées. L'impureté d'étain agit comme des grains de sable qui empêchent l'onde de se déplacer librement, et elle se fige sur place.
Ainsi, dans ces cristaux, la « mémoire » de l'onde de charge vit bien plus longtemps qu'on ne le pensait. Et ce n'est pas une exception, mais une propriété générale de toute une famille de matériaux.
L'impulsion laser dans cette expérience ne dure que quelques femtosecondes — soit moins d'un millionième de milliardième de seconde. Pendant ce temps, la lumière parcourt une distance inférieure à l'épaisseur d'un cheveu humain.