Les jets de SS 433 : une danse qui déraille express

Original: "Spectral and photometric variability of SS 433 observed with XRISM and simultaneous optical and near-infrared telescopes"
arXiv:2602.21661 · 2026-02-25 · CC BY 4.0 · 2 min
Les rayons X et la lumière visible d'un même jet ne sont pas toujours synchrones.

Le système binaire SS 433 éjecte deux jets fins de gaz à une vitesse proche de celle de la lumière. L'un se dirige vers nous, l'autre s'en éloigne. En avril 2024 et mars 2025, trois instruments les ont suivis : le télescope à rayons X XRISM, des télescopes optiques classiques et une caméra proche infrarouge.

En comparant la vitesse des jets en rayons X et en lumière visible, on a remarqué un décalage : l'émission optique semble être en retard d'un pas. Comme un interprète qui entend une phrase et ne la prononce qu'un instant plus tard. Peut-être que la lumière naît un peu plus loin du centre que les rayons X, et qu'elle a besoin de temps pour atteindre nos instruments.

La vitesse des jets n'était pas constante. En 2024, elle oscillait autour de 26% de la vitesse de la lumière ; en 2025, elle était d'environ 30%. Elle variait avec une période d'environ 6,3 jours. Cela ressemble au rythme auquel le système oscille — le cycle de nutation. Mais le décalage de phase était d'environ moins 90 degrés : le jet atteint son pic de vitesse non pas quand on l'attendrait d'après l'oscillation.

Les jets de SS 433 sont plus fins qu'ils n'en ont l'air : aux bords internes, les raies spectrales sont plus larges. Cela signifie que le gaz y est accéléré à des vitesses plus variées qu'aux bords externes.

Les éruptions en lumière visible ont duré environ 400 secondes en 2024 et 1600 secondes en 2025. La luminosité a grimpé jusqu'à 15%. Mais les rayons X, eux, sont restés silencieux — pas une seule éruption notable. Le canal infrarouge n'a rien vu de tel non plus. Il semble donc que les éruptions naissent uniquement en lumière visible, tandis que les rayons X restent calmes.

Ces observations sont comme trois témoins différents d'un même événement. Chacun voit quelque chose de différent, et ce n'est qu'ensemble qu'ils donnent une image complète. À l'avenir, XRISM continuera de surveiller SS 433, et peut-être deviendra-t-il clair pourquoi la lumière optique est en retard et d'où viennent ces éruptions.

Les jets de SS 433 se déplacent à environ 26–30% de la vitesse de la lumière — soit environ 80 000 kilomètres par seconde. En une seconde, un tel jet traverserait l'océan Atlantique huit fois.

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