Dans les entrailles d'une étoile mourante, avant l'explosion de la supernova, des réactions nucléaires déterminent quels éléments chimiques seront dispersés dans l'espace. L'une de ces réactions est la collision d'un noyau d'oxygène avec un proton, qui produit un noyau d'azote et une particule alpha (noyau d'hélium). La vitesse de cette réaction détermine la quantité de calcium et de soufre produite, des éléments qui permettent aux astronomes de déduire la composition de l'étoile progénitrice.
Pendant longtemps, les données de différentes expériences se sont contredites : certaines mesures donnaient une vitesse sept fois supérieure à la valeur standard, d'autres inférieure. Pour y voir plus clair, les physiciens ont utilisé le détecteur MUSIC, qui capture les particules directement dans une chambre à gaz, comme un microphone capte le son. La nouvelle mesure, réalisée à des énergies typiques de l'explosion, montre que la vitesse de la réaction est une fois et demie plus élevée que celle du répertoire REACLIB, mais pas sept fois. La dispersion des anciennes données a pu être considérablement réduite.
Mais même avec la nouvelle vitesse de réaction, on ne parvient pas à expliquer pourquoi les restes de supernovae d'âges différents présentent des rapports calcium/soufre différents. Le mystère réside donc dans d'autres réactions de la combustion de l'oxygène, par exemple la fusion de deux noyaux d'oxygène ou d'oxygène et de carbone. C'est leur précision qu'il faudra améliorer lors de futures expériences pour comprendre comment les étoiles forgent les éléments.
Le détecteur MUSIC fonctionne comme une chambre à gaz dans laquelle les particules laissent des traces, et les physiciens peuvent littéralement « entendre » chaque collision de noyaux.
Dans le roman « Solaris » de Stanislas Lem, l'océan de la planète modifie son orbite en manipulant la gravité, un peu comme les réactions nucléaires dans les supernovae contrôlent la composition chimique de galaxies entières.