À la surface du Soleil, il existe des taches sombres : des régions où le champ magnétique est très intense et freine l'ébullition du gaz incandescent. De temps à autre, des ondes de choc parcourent l'atmosphère de la tache, comme une rafale de vent qui comprime l'air devant elle. Le gaz s'embrase alors brièvement, et les astronomes appellent ces événements des éruptions ombrales.
Les scientifiques ont observé cinq taches différentes avec le télescope GREGOR et l'instrument GRIS. Ils ont mesuré le mouvement du gaz et les variations du champ magnétique au moment de l'éruption. Résultat : dans trois taches, le champ s'intensifiait brusquement lors du choc, tandis que dans les deux autres, il s'affaiblissait. Cela semblait étrange : pourquoi la même onde agirait-elle différemment ?
Mais il existe une autre explication. Lorsque l'onde de choc traverse le gaz, elle peut simplement le faire osciller rapidement d'avant en arrière. L'instrument ne verrait alors pas un changement du champ magnétique, mais seulement un jeu de vitesses. Les chercheurs ont testé cette idée : ils ont autorisé le modèle à considérer que le champ reste constant, seule la vitesse du gaz variant. Et le modèle a parfaitement reproduit les observations.
Autrement dit, il se pourrait que le champ magnétique de la tache ne change presque pas lors de l'éruption – et que nous ayons l'impression du contraire à cause du mouvement rapide du gaz. Mais la première hypothèse, celle de fortes variations du champ, n'est pas non plus écartée. De nouvelles observations seront nécessaires pour comprendre ce qui se passe réellement au cœur d'une tache solaire.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2603.12213
Umbral flashes are manifestations of magnetoacoustic shocks in the solar chromosphere. These phenomena are thought to influence the evolution of chromospheric umbral magnetic fields. However, the impact of these shocks on inferred chromospheric magnetic field oscillations remains unclear. We examined five different sunspots located near the solar disk center, observed with the GRIS instrument installed at the GREGOR telescope. The HAZEL2 Spectropolarimetric inversion code is used to obtain the photospheric and chromospheric line-of-sight velocities and magnetic fields in Si 10827 {\AA} and He 10830 {\AA} spectral lines, respectively, using various inversion strategies. In the inversions with one chromospheric component, three of the sunspots exhibit remarkably stronger magnetic fields accompanying the shocks, while the other two sunspots show striking reductions in the magnetic field. Alternatively, the Stokes profiles can be reproduced by models with two chromospheric slabs, one on top of the other, through two-component inversions. These inversions provide excellent fits even when magnetic field fluctuations are discarded by imposing a constant magnetic field during the whole temporal series. In this scenario, the observed Stokes profiles are interpreted as the result of strong velocity gradients, where the He 10830 {\AA} line is sensitive to both sides of the shock front. Both competing models explaining the spectral profiles during the shocks, either large magnetic field fluctuations or velocity gradients, are critically discussed.
Les ondes de choc dans l'atmosphère du Soleil chauffent le gaz à des dizaines de milliers de degrés – plus chaud que la surface du Soleil elle-même.