Le laser fait fondre la poudre métallique couche par couche, et dans le bain bouillonnant, des bulles de vapeur apparaissent et s'effondrent en quelques millisecondes. Impossible auparavant de voir cette cuisine en action : le tomographe à rayons X, qui produit des images tridimensionnelles, est trop lent. L'échantillon doit tourner, et pendant ce temps, le métal en fusion a déjà changé cent fois.
Des ingénieurs suédois ont trouvé la solution. Au lieu d'un seul faisceau de rayons X, ils en ont dirigé trois, disposés en éventail, sur l'échantillon. En le faisant tourner à 25 tours par seconde, ils obtiennent trois angles de vue simultanément. Un programme spécial, basé sur des réseaux de neurones, assemble ces trois images plates en une image volumétrique — comme le cerveau reconstruit la profondeur à partir de deux yeux.
La méthode a été testée sur la fusion de céramique en oxyde d'aluminium. Sur l'enregistrement, on voit le bain de fusion s'étirer et, à l'intérieur, une cavité de vapeur pulser — le principal responsable de la porosité dans les pièces imprimées. Autrefois, ces mouvements se brouillaient en une tache ; désormais, ils sont nets, comme au ralenti.
Cet « œil » à rayons X permettra de régler les lasers pour que les bulles ne restent pas piégées dans le métal. Ainsi, les pièces pour avions et implants deviendront plus solides et plus fiables.
En une seconde, la nouvelle méthode produit autant d'images volumétriques qu'un tomographe classique en quatre minutes.