À l'intérieur d'une cellule vivante, des gouttelettes flottent sans se mélanger au liquide environnant, comme l'huile dans l'eau. Ces gouttelettes ne sont pas de simples amas passifs : elles exercent activement une pression sur les membranes et les forcent à se courber. Les scientifiques ont observé ce processus dans des cellules végétales vivantes, l'ont reproduit en éprouvette et l'ont calculé sur ordinateur.
Il s'avère que la forme de la membrane dépend de la force de tension à la surface de la gouttelette. Si la tension est élevée, la membrane s'aplatit en un feuillet plan. Si la tension est plus faible, la membrane s'enroule en tube ou en coupe. La transition entre ces formes n'est pas toujours réversible : pour revenir de la coupe au tube, il faut franchir une barrière énergétique, et la membrane « se souvient » de sa forme antérieure.
Ce mécanisme explique comment se forment les « bulbes » à l'intérieur des vacuoles des cellules végétales — de grandes vésicules remplies de liquide. La membrane de la vacuole s'invagine sous l'action des gouttelettes et forme des structures en forme de coupe. En contrôlant les propriétés de surface des gouttelettes, la cellule peut sculpter des membranes de la forme souhaitée au moment voulu.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2603.15904
Phase-separated biomolecular condensates with liquid-like properties play a key role in the organization and compartmentalization of the intracellular environment. Condensate-mediated capillary forces acting on membranes drive physiologically important reshaping of membrane-bound organelles, such as vacuoles and autophagosomes. Here, we explore condensate-mediated membrane shape transformations. We employ {\textit{in planta}} live-cell imaging, an \textit{in vitro} reconstitution system with tunable interfacial tension, and computer simulations of an elastic membrane model to describe three morphologies of membrane structures localized at condensate interfaces: tubes, sheets, and cups. We find that the forces associated with high interfacial tension drive the formation of stable sheets, while tubes and cups prevail at lower interfacial tension. We calculate the free energies of each membrane shape and identify the energy barriers that govern the transitions between the shapes. With this approach, we find that shape transformations depend on the history of the interfacial membrane and exhibit a tube-to-cup hysteresis. These findings indicate that temporal control of condensate surface properties can mediate the morphogenesis of cup-like structures in cells, such as the formation of "bulbs" within plant vacuoles. Our results further generalize how the interplay of condensates and membranes contributes to intracellular organization.
Dans les cellules végétales, les vacuoles peuvent occuper jusqu'à 90% du volume, et les gouttelettes qu'elles contiennent aident à former des structures internes complexes.