Le diamant est le matériau naturel le plus dur qui soit, et le travailler ressemble d'ordinaire à la taille d'un bloc de pierre au marteau-piqueur : ça cogne, ça fissure, ça éclate. Mais l'électronique exige une précision de joaillier, car le diamant conduit remarquablement la chaleur, supporte les hautes températures et peut servir dans les dispositifs quantiques.
La nouvelle méthode évoque le décollement minutieux d'un papier peint : d'abord, on ramollit la surface du diamant avec un plasma d'oxygène, puis, par de légers impacts d'ions de krypton, on retire exactement une couche. À chaque cycle, on enlève une épaisseur de seulement 6,85 angströms — soit moins d'un milliardième de mètre.
Les vérifications montrent que la structure atomique du diamant n'est pas endommagée : les liaisons entre les atomes de carbone restent aussi solides. La méthode peut donc servir à fabriquer des pièces minuscules sans risque d'abîmer le matériau.
Une telle précision ouvre la voie à la production de puces en diamant pour l'électronique de puissance, les lasers et les ordinateurs quantiques, où chaque atome compte.
Le diamant n'est pas qu'une pierre précieuse : c'est aussi le meilleur conducteur de chaleur naturel, il dissipe la chaleur cinq fois plus vite que le cuivre, ce qui en fait un matériau de choix pour refroidir les lasers de forte puissance.