La cosmologie standard repose sur le Big Bang et l'énergie noire, mais il existe une alternative — le modèle de Lemaître–Tolman–Bondi, où l'expansion de l'univers s'explique non par une force mystérieuse, mais par les irrégularités naturelles dans la distribution de la matière — des amas de galaxies et des régions vides.
Auparavant, les calculs précis dans ce modèle ressemblaient à une modélisation 3D détaillée d'une route sinueuse : chaque bosse devait être calculée pendant des heures. Désormais, les chercheurs ont utilisé un programme qui passe en revue des millions d'expressions mathématiques simples, en les ajustant aux résultats de simulations complexes — un peu comme l'évolution sélectionne les variantes les plus adaptées. Les formules trouvées sont si compactes qu'on pourrait les écrire sur une serviette, mais elles remplacent ces calculs de plusieurs jours avec une erreur inférieure à 0,3%.
Désormais, les scientifiques pourront vérifier en quelques secondes comment un tel Univers « cahoteux » correspond à la répartition réelle des galaxies et aux explosions de supernovae, et à quel point il est meilleur que le modèle standard avec l'énergie noire. Ce n'est pas seulement un gain de temps : il se pourrait que l'énergie noire soit un mirage, et que tout le secret réside dans les bosses.
Le programme qui cherchait les formules fonctionnait comme une évolution numérique : sur des millions de combinaisons aléatoires, seules les plus précises survivaient — pour finalement donner des équations qui tiennent sur un post-it. C'est un peu comme redécouvrir la loi de la gravitation universelle en observant des pommes tomber, mais en y consacrant non pas des siècles, mais quelques heures.