Dans la nuit du 18 août 2025, les détecteurs LIGO, Virgo et KAGRA ont ressenti un frémissement de l'espace – comme si deux étoiles à neutrons étaient entrées en collision quelque part au loin. Presque immédiatement, les télescopes ont repéré un point lumineux dans la même région du ciel. Au début, on l'a qualifié de kilonova – c'est ainsi que brille le nuage de matière surchauffée après la fusion d'étoiles à neutrons. Mais le spectre de la lumière a révélé autre chose : il s'agissait d'une supernova de type IIb. Une telle explosion se produit lorsqu'une étoile massive éjecte ses couches externes et explose, laissant derrière elle un objet compact.
Une équipe d'astronomes a décidé d'écouter cette supernova dans le domaine radio. Les ondes radio traversent la poussière et le gaz, elles peuvent donc révéler ce qui est caché aux télescopes optiques. Ils ont utilisé trois grands radiotélescopes : le Very Large Array de Karl Jansky, le Giant Metrewave Radio Telescope amélioré et MeerKAT. Des semaines et des mois après l'explosion, ils ont capté un signal faible mais certain, à des fréquences de 6 à 10 gigahertz. Ce signal ressemble au bruit produit lorsque l'onde de choc de l'explosion percute la matière environnante – comme le tonnerre après un éclair, mais dans le domaine radio.
Une telle voix radio est généralement associée aux supernovas dont le progéniteur est compact et qui présentent des éjections rapides. Mais les données permettent aussi un scénario plus rare : un jet de matière orienté légèrement à l'écart de nous aurait atteint son pic de luminosité 50 à 100 jours après l'onde gravitationnelle. Si c'est le cas, un « moteur central » aurait pu fonctionner à l'intérieur de la supernova – une étoile à neutrons en rotation rapide, voire un trou noir, éjectant des faisceaux étroits de particules. Ce scénario est appelé « superkilonova » : un hybride de supernova et de kilonova qui pourrait expliquer l'origine des étoiles à neutrons de masse inférieure à celle du Soleil.
Pour l'instant, le lien entre l'onde gravitationnelle et la supernova n'est pas définitivement confirmé – une analyse plus approfondie des données des détecteurs est nécessaire. Mais si ce lien est réel, ce serait la première fois que nous observons un signal radio provenant d'un tel hybride. Les astronomes commenceraient alors à suivre systématiquement les supernovas coïncidant avec des ondes gravitationnelles suspectes. Peut-être apprendrons-nous ainsi à capturer la naissance des objets les plus extraordinaires de l'Univers.
Le signal radio de la supernova 2025ulz était si faible que sa puissance équivaut à celle émise par un téléphone portable s'il se trouvait à la distance de Pluton.
Dans le roman « Contact » de Carl Sagan, un signal radio venu de l'espace devient la première preuve de vie extraterrestre – ici, les ondes radio aident à révéler la nature d'une explosion cosmique.