Le vent solaire — un flux de particules chargées venant du Soleil — percute le gaz ténu qui remplit l'espace entre les étoiles. De cette collision naît une faible émission de rayons X. Pour les astronomes, c'est comme un brouillard devant les phares : il empêche de distinguer les objets lointains. Le télescope eROSITA, à bord de l'observatoire spatial SRG, a scruté tout le ciel quatre fois et a recueilli des données à l'abri des perturbations de l'atmosphère terrestre. Les scientifiques ont calculé la contribution de cette lueur et l'ont soustraite de l'image globale.
On obtient ainsi une carte du ciel X diffus de la partie occidentale de la Galaxie — débarrassée de ce fond gênant. Mais la vraie surprise est ailleurs : il s'avère que cette lueur permet de suivre la façon dont la matière interstellaire s'écoule à travers le Système solaire. Comme la fumée des phares révèle la direction du vent sur la route.
La lueur due à l'échange de charge du vent solaire a été remarquée pour la première fois dans les années 1990, mais ce n'est que maintenant qu'on a pu la soustraire proprement du relevé de tout le ciel.