instrument

coronographe

Un instrument qui bloque la lumière d'une étoile pour révéler des objets faibles à proximité, comme des planètes ou de la poussière.
12 articles liés

Description

Un coronographe est un instrument conçu pour bloquer la lumière intense d'une étoile, permettant aux astronomes d'observer des objets faibles à proximité, tels que des exoplanètes, des disques de poussière ou des couronnes stellaires. Le nom provient de la couronne solaire, qui fut la première cible de ces instruments. En créant artificiellement une éclipse, un coronographe révèle l'environnement autrement caché autour d'une étoile, ce qui en fait un outil essentiel pour l'imagerie directe en astronomie.

Histoire

Le coronographe a été inventé par l'astronome français Bernard Lyot en 1931 pour observer la couronne solaire sans attendre une éclipse totale de Soleil. Il a ensuite été adapté pour les observations stellaires dans les années 1980 et 1990.

Comment ça marche

Un coronographe utilise un disque opaque (ou un masque plus complexe) placé dans le plan focal d'un télescope pour bloquer la lumière de l'étoile. Cependant, la lumière diffracte autour des bords du disque, c'est pourquoi des composants supplémentaires — tels qu'un stop de Lyot et des masques d'apodisation — sont utilisés pour supprimer cette lumière diffractée. Les coronographes modernes utilisent des masques de phase avancés ou des miroirs déformables pour annuler la lumière stellaire tout en préservant celle des objets faibles voisins. Le résultat est une région sombre où l'on peut détecter des planètes ou de la poussière.

En pratique

Les coronographes sont utilisés sur des télescopes au sol et des observatoires spatiaux comme le télescope spatial Hubble et le télescope spatial James-Webb pour imager directement des exoplanètes et étudier les disques circumstellaires.

Anecdote

La première exoplanète imagée directement avec un coronographe fut 2M1207b en 2004, en utilisant le Très Grand Télescope au Chili.

Concept graph →

Articles liés · 12

Le tremblement de la caméra empêche de voir les mondes lointains
Photographier une exoplanète autour d'une autre étoile, c'est comme essayer de distinguer un ver luisant devant un projecteur. L'atmosphère terrestre ne cesse de bouger, et dans un télescope, cela se traduit par des taches dansantes, les speckles.
Un puzzle qui ne s'assemble pas : un réseau de neurones cherche des quasars anormaux
En assemblant le puzzle de l'Univers, les astronomes ont l'habitude que chaque nouvelle pièce s'emboîte parfaitement dans le tableau déjà constitué. Mais parfois, ils tombent sur des morceaux qui semblent découpés dans un autre jeu. Vingt mille noyau actif de galaxie — et onze pour cent d'entre eux, le réseau de neurones les rejette résolument comme étrangers.
Une pierre immobile dans des reflets dansants : comment trouver une exoplanète parmi les mirages
Un petit caillou au fond du ruisseau reste immobile tandis que les reflets du soleil dansent à la surface de l'eau. En astronomie, le contraste est le même : une véritable exoplanète est une pierre, et la myriade de speckles (taches de lumière stellaire diffusée) sont des rides tremblotantes dans les…
La trace en rayons X du vent solaire
Le vent solaire — un flux de particules chargées venant du Soleil — percute le gaz ténu qui remplit l'espace entre les étoiles. De cette collision naît une faible émission de rayons X. Pour les astronomes, c'est comme un brouillard devant les phares : il empêche de distinguer les objets lointains.
Mirage cosmique d'ondes radio
Une galaxie ressemble à une crêpe lumineuse parsemée d'étoiles. Si on la regarde à plat, on voit tout d'un coup – les bras brillants et les couches sombres de poussière. Mais il suffit d'incliner la crêpe pour que le tableau change : les couches se superposent, la lumière se mélange.
Des anneaux invisibles éteignent la lumière
Une étoile brille des milliards de fois plus que sa planète. Pour voir la planète, il faut éteindre la lumière de l'étoile, comme on met la main devant le soleil pour apercevoir un avion.
Éruptions solaires : l'hélium neutre trahit le champ magnétique
Le Soleil éjecte de temps à autre d'immenses nuages de plasma dans l'espace — les éjections de masse coronale. À l'intérieur de ces nuages se trouvent souvent des protubérances emmêlées — des amas de matière plus froids et plus denses. C'est eux qui contiennent beaucoup d'atomes neutres, lesquels émettent une lumière vive dans certaines raies.
Mission : attraper un visiteur d'un autre système stellaire
La mission Comet Interceptor décolle sans objectif. L'engin se fige en un point d'équilibre spatial, tel un chasseur en alerte : moteur chaud, mais décollage uniquement sur alarme. Lorsque les télescopes repèrent une nouvelle comète à longue période, la sonde s'élance et file à toute vitesse à ses côtés, enregistrant des données sur la matière primordiale.
Des étoiles fantômes comme horloges cosmiques de précision
Des scientifiques ont décrit un nouveau type d'étoile invisible qui se comporte comme une lentille respirante. Cette étoile est composée de bosons ultralégers (des particules pas encore découvertes). Son attraction provoque la courbure de l'espace-temps — c'est cela la lentille, qui se dilate et se contracte rythmiquement, comme si elle respirait.
L'ombre de la Terre à la recherche de sondes extraterrestres
Dès le XVIIIe siècle, William Herschel cherchait la vie sur Mars. Aujourd'hui, les astronomes ne visent plus les planètes mais les artefacts — par exemple, des sondes extraterrestres cachées dans le système solaire. Le problème : repérer un objet minuscule à côté du Soleil éblouissant est presque impossible.
Des lucioles dans le nuage solaire
Dans la nuit du 9 au 10 mars 2024, un nuage de plasma éjecté par le Soleil filait loin de l'astre. Il avait déjà dépassé une distance de cinq rayons solaires lorsque le réseau au sol de 352 antennes, dans la vallée Owens en Californie, a capté de lui un bref signal radio.