Un trou noir géant a déchiqueté une étoile, laissant derrière lui un disque de gaz brûlant tout de travers — comme un vinyle gondolé par la chaleur. Maintenant, un minuscule trou noir (ou une étoile) tourne autour et transperce régulièrement ce disque. Chaque perforation produit une éruption brillante de rayons X.
Le motif des éruptions de cette galaxie lointaine s'est avéré strictement rythmique : certaines sont longues et puissantes, d'autres courtes et faibles. C'est la « musique » d'un disque déformé. L'orbite du petit objet tourne lentement dans le champ du trou noir central, et à chaque révolution, le même motif d'éruptions se répète.
Ce rythme permet de mesurer directement la rotation du trou noir. Si le petit compagnon est lui aussi un trou noir, son orbite se resserrera, et dans 30 à 40 ans, le système émettra des ondes gravitationnelles. Le détecteur spatial LISA en captera le « chirp » à travers des millions d'années-lumière.
Les trous noirs « chantent » : en se rapprochant, ils émettent des ondes gravitationnelles dont la fréquence augmente, comme le son d'une sirène. Ces « chirps » sont captés par les détecteurs terrestres, et LISA les entendra depuis les confins de l'espace.
Si les auteurs de science-fiction voient dans les trous noirs des portails, les astronomes les transforment en platines : le disque de gaz devient un vinyle, et la gravité impose le rythme.