Deux étoiles à neutrons tournoient dans une dernière danse. Si leur rotation coïncide avec le mouvement orbital, les partenaires fusionnent proprement, éjectant un fin faisceau de matière incandescente. Si elles tournent en sens inverse, la danse se brise, dispersant un épais voile de débris.
Dans les fusions plus propres, les neutrinos fantômes transforment l'éjection en matière avec un excès de protons. Là naît le nickel-56 : un élément radioactif qui, en se désintégrant, brille pendant des semaines, presque comme une petite supernova. Bien que cette lueur soit trop lente pour un sursaut gamma ordinaire, grâce à la spectroscopie (décomposition de la lumière), les scientifiques détectent la présence d'éléments lourds. Mais la grande surprise : c'est dans ce chaos que naissent les éléments les plus lourds du tableau périodique — du platine à l'uranium.
En quelques secondes, une telle fusion produit plus d'or que l'humanité n'en a extrait dans toute son histoire.
Dans le roman « L'Alchimiste du neutronium » de Peter Hamilton, la matière des étoiles à neutrons est la matière première d'éléments fantastiques. La nature pratique elle aussi l'alchimie : dans ces fusions se déroule le processus r, qui engendre or et uranium.