Un aimant ordinaire ressemble à une boussole : l'aiguille pointe vers le nord. Mais une boussole quantique peut regarder dans les deux directions à la fois. Si l'on fait tourner délicatement un aimant en lévitation dans le vide, ses électrons-toupies se synchronisent de telle sorte que tout le morceau de métal commence à vivre selon les lois du microcosme — il se fige en superposition, telle une aiguille dédoublée.
Cela offre une précision inouïe : plus l'aimant est gros, plus il est sensible aux champs faibles, par exemple au champ magnétique d'une seule cellule vivante. Mais cette fragile dualité est facile à briser — la décohérence due aux collisions avec les molécules de gaz — d'où la nécessité d'un vide un milliard de fois plus poussé que celui de l'espace interstellaire. L'idée a été proposée par Michael Horne, Anton Zeilinger et Daniel Greenberger. L'expérience testera également des hypothèses au-delà du modèle standard : peut-être que les merveilles quantiques disparaissent à cause de la courbure de l'espace-temps, comme le supposait Roger Penrose.
Pour préserver la superposition quantique d'un aimant réel, il faudrait un vide un milliard de fois plus bas que la pression atmosphérique — plus poussé que dans l'espace interstellaire.
Comme le chat de Schrödinger version aimant — un symbole fantastique de la dualité quantique, prêt à passer de la pensée à la réalité.