La matière noire est l'armature invisible de l'Univers, elle est 5 fois plus abondante que la matière ordinaire. Fritz Zwicky l'a pressentie, Vera Rubin l'a prouvée. Selon une hypothèse, ses particules pourraient se transformer en ondes radio en traversant les puissants champs magnétiques des étoiles à neutrons — des vestiges d'étoiles mortes, découvertes par Jocelyn Bell Burnell et comprimées à la taille d'une métropole.
Les scientifiques ont décidé d'« écouter » ce murmure. Le radiotélescope FAST — une « oreille » si sensible qu'elle pourrait capter un appel téléphonique depuis la Lune — a été pointé vers deux étoiles à neutrons. Grâce à la spectroscopie — la décomposition du signal en notes, comme dans une partition — ils ont cherché une seule « note » fine à une fréquence connue.
Le résultat : un silence assourdissant. Aucune trace de signal. Mais c'est précisément ce silence qui constitue une percée : une limite record à l'interaction de la matière noire avec la lumière. Ce « rien » relie la théorie quantique aux observations des galaxies et suggère que les particules invisibles, nées lors du Big Bang, errent encore dans le cosmos, « allumant » parfois les pulsars — ces étoiles à neutrons en rotation qui servent de phares.
Bien que la matière noire soit invisible, des centaines de ses particules traversent chaque seconde chaque centimètre carré de votre paume — sans que nous nous en apercevions.
La recherche de signaux de matière noire fait écho aux idées du roman « La Forêt sombre » de Liu Cixin, où des forces cachées influencent le cosmos.