Quand l'eau gèle dans un lac, la glace se couvre d'un réseau de fissures – les frontières entre les cristaux. Un processus similaire, dans les premiers instants après le Big Bang, a pu engendrer d'immenses structures rappelant des fractures de glace. Les scientifiques les appellent des parois de domaine. Elles sont plus fines qu'un atome, mais la masse d'une seule de ces fissures équivaut à des milliers de galaxies. En vibrant, comme des fissures qui tremblent, elles émettent des ondes gravitationnelles – des ondulations dans le tissu même de la courbure de l'espace-temps.
Ces ondes se sont déjà manifestées par des perturbations dans le rythme des « balises » ultra-précises de l'Univers – les étoiles à neutrons, ou pulsars. Les données des observations de pulsars ont laissé entrevoir l'existence de ces parois. Aujourd'hui, des chercheurs ont déterminé comment les futures antennes spatiales LISA et Taiji pourraient confirmer ce signal. Les détecteurs au sol captent déjà les basses fréquences, tandis que les détecteurs spatiaux capteront les notes plus aiguës de ces oscillations. L'analyse conjointe des données terrestres et spatiales augmentera considérablement les chances de découverte. Si les instruments enregistrent ne serait-ce qu'un écho faible, cela prouvera que l'espace conserve encore des fissures depuis la naissance de l'Univers.
L'épaisseur d'une paroi de domaine est des milliards de fois plus petite qu'un atome. Si vous la rencontriez, vous ne sentiriez rien, mais son écho gravitationnel pourrait révéler les secrets de la naissance de l'Univers.