Un trou noir en rotation rapide, où l'espace-temps est courbé à l'extrême, ressemble à une cloche qui peut sonner pendant des siècles. Ses oscillations particulières s'atténuent à peine, perdant leur énergie incroyablement lentement. Une nouvelle étude montre que lorsqu'un petit satellite — une étoile à neutrons ou un objet compact — se trouve à proximité, son mouvement orbital agit comme un marteau. Il frappe rythmiquement le champ gravitationnel du trou, et lorsque la fréquence des « coups » coïncide avec la fréquence propre du bourdonnement, une résonance se produit. Le trou se met à chanter plus fort, et son carillon puise l'énergie de rotation — un processus prédit par Roger Penrose. Le plus surprenant : le son ne s'éteint pas, car l'énergie est puisée directement dans la rotation du trou. En étudiant la pureté de cette « note », les scientifiques peuvent pour la première fois mesurer la force avec laquelle l'horizon du trou attire tout autour de lui — une grandeur jusqu'alors inaccessible aux observations directes. De telles résonances promettent de devenir une boussole précise pour les futurs détecteurs d'ondes gravitationnelles, permettant de tester la théorie d'Einstein dans les champs les plus intenses.
Ces oscillations quasi éternelles ne sont possibles que pour les trous noirs en rotation limite — leur « surface » se déplace à une vitesse proche de celle de la lumière. Pour les trous lents, le son s'éteint presque immédiatement.
L'extraction d'énergie des trous noirs est décrite dans la science-fiction — des romans au concept de « sphère de Dyson ». Ce n'est plus de la fiction, mais un phénomène observable : la résonance du satellite aspire la rotation, la transformant en ondes gravitationnelles — et nous pourrons bientôt l'entendre.