Les sursauts radio rapides sont des signaux cosmiques énigmatiques qui durent à peine un millième de seconde, mais dont l'énergie équivaut à celle que le Soleil produit en un mois. Pour qu'une telle impulsion soit visible depuis la Terre, une multitude de particules chargées doivent émettre des ondes radio en parfaite synchronie, comme un orchestre. Mais tout comme un orchestre a besoin d'un chef, les particules ont besoin d'un apport constant d'énergie. Si la source du sursaut se trouve loin de l'[tag:neutron_star]étoile à neutrons, les particules perdent rapidement leur vitesse. Leur rayonnement est alors presque entièrement dissipé par les particules qu'elles rencontrent — le milieu devient aussi opaque qu'un mur de béton (pour les ondes radio, son opacité atteindrait 490). Résultat : le signal s'éteint en chemin.
Le scénario le plus réaliste est celui où tout se joue au plus près d'un magnétar — une étoile à neutrons dotée d'un champ magnétique record. Là, d'immenses champs électriques agissent comme une prise de courant, rechargeant sans cesse les particules. Cette découverte rapproche les sursauts radio rapides des pulsars bien connus — ces phares cosmiques découverts par Jocelyn Bell Burnell dès 1967. Ce tri des modèles indique aux astronomes où chercher les sources : dans le voisinage immédiat des étoiles à neutrons. Peut-être qu'Enrico Fermi avait raison : la nature construit ses accélérateurs les plus puissants dans les recoins les plus exigus de l'Univers.
La température de brillance d'un sursaut radio rapide peut dépasser d'un milliard de fois la température au cœur d'une explosion de supernova, et pourtant il émet dans le domaine radio, où l'énergie de chaque photon est un million de fois plus faible que celle de la lumière visible.