Quand un bâtiment s'effondre, les armatures d'acier se transforment en une boussole magnétique chaotique. L'entropie — mesure du désordre — augmente, mais c'est précisément ce désordre qui révèle les poches d'air où des personnes pourraient se trouver. Des drones équipés de magnétomètres quantiques — des instruments reposant sur des principes découverts par Schrödinger — détectent des champs un trillion de fois plus faibles que celui de la Terre. Pour comparaison : c'est comme entendre un battement de cœur à travers du béton.
L'algorithme, tel un cartographe expérimenté, prélève sélectivement des mesures en des points clés. Une centaine de mesures suffit pour construire une carte tridimensionnelle : on y voit les cavités remplies d'eau et d'air. Les armatures contenant des ajouts de carbone sont fortement magnétisées, créant un relief magnétique. Cette méthode s'apparente à la spectroscopie — une technique astronomique où la lumière est décomposée en couleurs, mais ici, au lieu d'un spectre, on obtient un paysage magnétique. Le résultat : une carte magnétique très précise, une radiographie sans danger pour les opérations de sauvetage.
Les magnétomètres ordinaires des smartphones détectent des champs des centaines de fois plus intenses que le champ magnétique terrestre, tandis que les capteurs quantiques perçoivent des variations un milliard de fois plus faibles — au niveau du champ magnétique du cœur humain.
Cette technologie évoque les tricordeurs de « Star Trek » — ces appareils qui balaient l'espace à la recherche de vie à travers les obstacles.