Dans un cristal, les atomes magnétiques (fer) sont reliés par des ponts (oxygène) selon différents angles. De cet angle dépend l'orientation de leurs boussoles microscopiques : alignées (aimant) ou désordonnées. L'intrication quantique et la superposition transforment cela en une danse dont les règles ont été établies par Werner Heisenberg, Lev Landau et Felix Bloch.
Le nouveau programme combine une vue d'ensemble du cristal avec une mesure ciblée des angles, à la manière d'un chorégraphe qui suit chaque danseur. Entraîné sur des simulations numériques de milliers de structures, il prédit la force magnétique avec 20 % de précision en plus grâce à l'apprentissage automatique, et ne confond plus les deux types d'ordre.
Ces régularités angulaires semblent universelles : une géométrie similaire pourrait gouverner la reconnexion magnétique dans les étoiles et au cœur des magnétars — les aimants les plus puissants de l'Univers.
Le réseau de neurones a redécouvert seul les règles de Goodenough–Kanamori–Anderson, établies sur papier dans les années 1950 : un angle de 90° entre les atomes crée un aimant, et 180° son opposé.