Les corps mathématiques ne sont pas seulement infinis, comme les nombres ordinaires, mais aussi finis — avec un ensemble limité d'éléments. On peut comparer un tel système à un manège. Lorsqu'on élève un élément à la puissance q, tous les éléments se déplacent en cercle : chacun passe à la place voisine, et le dernier revient à la première. Cette rotation douce a été découverte par Gauss, et Fourier a montré plus tard comment des idées similaires fonctionnent dans l'analyse des oscillations. Ce mouvement est appelé automorphisme de Frobenius.
Pour que le manège tourne sans à-coups, il faut un ordre de départ correct — la base normale. Avant, on la choisissait à la main ou au hasard, comme on cherche un billet gagnant parmi un million. La nouvelle méthode agit autrement : elle ne fait pas d'essais, mais calcule directement tous les numéros t défectueux. La famille de candidats $β_t$ = (θ − t)⁻¹ est presque entièrement valable, mais il y a un petit défaut — pas plus de n(n−1) éléments. Pour éliminer les défauts, il suffit de calculer une fois le déterminant d'une matrice circulante — un polynôme spécial dont les racines indiquent les variantes défectueuses.
Cette approche — entièrement déterministe, sans aucune aléa. Elle garantit que le manège démarre parfaitement. Au passage, le calcul des déterminants circulants s'améliore, ce qui est utile en théorie des réseaux et en codage. En fin de compte, les protocoles cryptographiques obtiennent des clés fiables, et les calculs complexes deviennent reproductibles. Le manège des nombres tourne enfin sans accroc.
Pour un corps à 100 éléments, les numéros t inappropriés ne dépassent pas 10 mille. Pour les ordinateurs modernes, c'est une broutille. Mais le principal avantage de la méthode n'est pas la vitesse de l'énumération, c'est l'élégante transformation d'un problème géométrique en problème algébrique : les tickets défectueux sont cherchés comme racines d'un seul polynôme.