Le calcul quantique souffre de « fausses notes » — des erreurs qui surgissent à la moindre imprécision. Désormais, on les élimine avec le soin d'un accordeur de piano de concert. L'idée remonte aux rêves des pionniers — David Deutsch et Peter Shor — d'opérations impeccables.
La méthode fonctionne comme un accordeur parfait : elle détecte les dissonances et corrige aussitôt les paramètres. Des circuits spéciaux amplifient le signal d'erreur, comme pour éclairer une corde désaccordée. C'est l'équivalent quantique de la spectroscopie — l'analyse du « spectre » des pannes au lieu de la lumière. La précision a atteint 99,9 %, et l'erreur systématique a chuté à 0,007 % (comme une horloge qui retarde d'une seconde sur six mois). Les erreurs engendrent de l'entropie — une mesure du désordre ; la nouvelle méthode la réduit presque à néant.
Résultat inattendu : l'ajustement autonome est resté stable pendant 9 heures sans intervention humaine.
Les qubits supraconducteurs fonctionnent à 0,01 kelvin — c'est plus froid que les recoins les plus sombres de l'espace, et 300 fois plus glacial que le vide interstellaire.
Les auteurs de science-fiction ont imaginé les ordinateurs quantiques comme le cerveau des vaisseaux spatiaux ou des simulateurs de réalité — par exemple dans « Hypérion » de Dan Simmons.