Il y a près d'un siècle, Edwin Hubble a remarqué que les galaxies s'éloignent : l'univers est en expansion. Mais qu'est-ce qui l'a gonflé dans les premiers instants ? La théorie de l'inflation, née des idées de Alan Guth et de Andrei Linde, a prédit de minuscules ondulations de densité, à partir desquelles les étoiles ont ensuite grandi. L'empreinte de ces événements est conservée dans le fond diffus cosmologique — cette faible lueur micro-onde qui imprègne l'espace. Captée par les radiotélescopes, elle est comme une vieille pellicule photo : on la développe et l'on voit le passé.
Pour déchiffrer ce motif, on a utilisé la régression symbolique — un algorithme qui passe en revue des millions de formules et trouve la meilleure, tel un enfant assemblant un jeu de construction sans notice. En y faisant passer les spectres de plusieurs relevés, l'ordinateur a isolé des oscillations qui s'accélèrent avec la longueur d'onde. Les calculs numériques confirment : ce modèle colle mieux aux données que les modèles standards. Il semble que, dans l'univers primordial, un mécanisme d'expansion à à-coups ait opéré — peut-être dû à une énergie fantôme qui faisait tressauter l'espace.
Cet algorithme, qui a détecté le rythme inversé, avait auparavant déduit la loi de conservation de l'énergie sans aucun indice, simplement en observant le balancement de pendules.