L'énergie noire accélère l'expansion de l'Univers. Or, on a récemment découvert qu'elle n'est pas constante : sa poussée fluctue, comme une pompe qui fonctionne par à-coups. Les relevés DESI ont suggéré un brusque sursaut d'accélération dans un passé proche.
L'explication se passe d'exotisme. C'est comme une bouilloire qui s'entartre : si la chauffe est inégale, la vapeur s'échappe par à-coups. Les amas de galaxies jouent le rôle du tartre : leur gravité refroidit et condense l'énergie noire, augmentant temporairement la pression. Cette condensation de particules engendre une brève phase « fantôme » : l'Univers accélère un instant plus que prévu.
Le modèle colle aux données des supernovae et rappelle que, dans le cosmos, des mécanismes simples fonctionnent parfois. Fait surprenant : si ce sursaut avait duré un peu plus longtemps, notre ciel aujourd'hui serait différent, avec des constellations éparpillées.
Une variation infime, de l'ordre d'un pour cent, dans la pression de l'énergie noire suffirait à changer le destin de l'Univers : au lieu d'une expansion éternelle, nous pourrions connaître un Big Rip.