Chaque matin, le GPS recalcule l'itinéraire pour contourner les embouteillages et les routes barrées. À l'image de ce navigateur, le nouvel agent d'IA, avant chaque séance de radiothérapie, retrace le parcours de l'irradiation. À partir d'une image fraîche (scanner), il localise en deux minutes la tumeur et les organes sains, puis calcule comment diriger le faisceau pour atteindre la cible tout en épargnant les tissus voisins.
Au cœur de l'agent se trouve un grand réseau de neurones entraîné sur de nombreux exemples. Il reconstruit la structure interne du corps à partir de l'atténuation des rayons (ce qui rappelle la spectroscopie) et délimite avec précision les contours de la tumeur. Les plans obtenus sont aussi précis que ceux des experts, et l'écart de dose reste dans des limites sûres. La méthode a été testée sur des cancers de la tête, des poumons, de l'abdomen et de la prostate, avec une thérapie par photons et par protons — et elle s'est montrée fiable dans tous les cas. Ainsi, l'héritage de la radiothérapie, initié par Marie Curie et enrichi par les découvertes de William Lawrence Bragg, se dote aujourd'hui d'un pilote numérique qui transforme des heures de calcul en minutes.
Étonnamment, le système s'adapte aussi bien à des tumeurs de localisations variées — de la tête à la prostate — sans aucun réglage préalable. Il fonctionne aussi bien avec l'irradiation classique qu'avec l'irradiation par protons, comme un GPS universel qui se moque de savoir s'il doit tracer un itinéraire en ville ou en pleine nature.
De tels systèmes évoquent l'assistant GLaDOS du jeu Portal, mais au lieu d'expériences de laboratoire, il s'agit de contrôler précisément l'irradiation pour sauver des vies.