Il suffit que la caméra d'un robot tressaute pour qu'il fasse tomber une pièce : son réseau de neurones est déstabilisé. Mais si l'on observe ses signaux, ils ressemblent à des constellations dans la galaxie : quand tout se passe bien, ils se regroupent dans un secteur, et juste avant une erreur, ils basculent brusquement dans un autre. La frontière entre les deux est nette, comme un chenal au milieu des récifs.
Les ingénieurs ont alors fixé à ce chœur céleste un navigateur, semblable à une barre, qui corrige subtilement les signaux en temps réel, éloignant de la supernova du dysfonctionnement. Mais dans certains cas, tout se brouille dans l'entropie, et la barre tremble. La méthode WA-LQR s'est révélée étonnamment simple : elle ne nécessite pas de refaire tout le réseau, seulement quelques réglages précis. L'idée d'une correction douce a été développée par James Clerk Maxwell — celui-là même qui a capté l'onde électromagnétique et, par la même occasion, inventé le régulateur pour machines à vapeur. Désormais, le robot ne laissera plus tomber sa charge, même si la caméra tremble ou si l'on change la pince.
Les premiers régulateurs pour machines à vapeur, inventés au XVIIIe siècle, fonctionnaient sur le même principe : un pendule mécanique fermait lui-même la vanne en cas d'accélération. La barre moderne du robot est l'héritière directe de cette idée, sauf qu'au lieu de la vapeur, ce sont des flux de signaux numériques.
Dans le film « WALL-E », le robot ne cassait pas lors des collisions, il s'adaptait simplement. WA-LQR rend les robots industriels tout aussi insubmersibles : ils naviguent dans la galaxie des signaux sans perdre leur charge.