Une corde de guitare, si on la pince, vibre puis s'éteint rapidement. Maintenant, imaginez une corde cosmique : un fil d'énergie pure, vestige du Big Bang, des milliards de fois plus fin qu'un atome et plus dense qu'une étoile à neutrons. Frappez-la, et elle pourrait chanter pendant des milliards d'années.
Dans cette nouvelle étude, les physiciens se sont penchés sur un type particulier d'oscillations. Non pas des vibrations transversales, mais des ondes qui courent le long de la corde, comme le son le long d'un câble tendu. Ce sont des excitations vectorielles — elles se comportent comme des particules massives piégées sur un fil unidimensionnel. Les chercheurs ont calculé leur spectre et leur forme, puis ont suivi leur amortissement. L'amortissement suit une loi de puissance — lent, comme le refroidissement d'une tasse de café, et non comme l'éclatement d'une bulle de savon.
Mais le plus surprenant s'est produit dans la simulation complète en 3+1 dimensions. Le mode vectoriel est entré en résonance avec le secteur de Goldstone — les oscillations sans masse qui sont normalement « absorbées » par le mécanisme de Higgs. Une instabilité paramétrique est apparue : la corde a commencé à osciller dans deux directions transversales à la fois, comme un pendule qui se met soudainement à balancer non seulement d'avant en arrière, mais aussi de gauche à droite. Un effet inattendu : les études précédentes montraient que les modes de forme ordinaires n'excitent qu'une seule direction.
Ainsi, la corde cosmique, d'abord simple métaphore de guitare, se révèle être un instrument de musique complexe, capable de polyphonie. Et ses « chants » — ondes gravitationnelles et sursauts de rayonnement — pourraient un jour nous raconter les premiers instants de l'Univers.
Une corde cosmique de l'épaisseur d'un proton pèserait autant qu'une montagne, et un kilomètre d'une telle corde pèserait à peu près comme la Terre.