Une goutte de pluie tombe sur une vitre et s'étale en une galette. Ajoutez un peu de polymère à l'eau : elle devient élastique, comme un gel. On pourrait penser qu'un tel gel s'étalerait différemment. Mais des expériences avec des solutions de polyoxyéthylène et de polyacrylamide ont montré que le rayon maximal de la tache ne change pas, même à une concentration de 1000 ppm (une part pour mille).
Tout s'explique par le fait que les forces élastiques dans la goutte lors de l'impact sont négligeables par rapport à l'inertie et à la viscosité. Les scientifiques ont établi un critère sans dimension Γ (gamma) qui évalue la contribution de l'élasticité. Pour toutes les expériences, Γ s'est avéré bien inférieur à 1, ce qui signifie que l'élasticité n'est effectivement pas importante. Cela contredit les prédictions basées sur les nombres de Weissenberg et de Deborah, souvent utilisés pour évaluer les effets élastiques.
Ce résultat simplifie la modélisation : pour calculer l'étalement maximal d'une goutte élastique, il suffit de connaître sa densité, sa vitesse, sa viscosité et sa tension superficielle. Les additifs polymères, souvent utilisés dans les peintures et les encres, ne modifieront pas la taille de la tache à l'impact — ils empêcheront seulement les éclaboussures et le rebond.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2608.10851v1
When a liquid drop impacts a solid surface, rebound and splashing are known to be suppressed by additives that induce elastic effects; however, the influence of elasticity on the maximum spreading radius remains debated. The difficulty lies in isolating elastic resistance from the enhanced spreading caused by viscous shear thinning. Here, we experimentally decouple these effects by investigating Boger fluid drops (constant-viscosity solutions with high elasticity) of polyethylene oxide (PEO) and polyacrylamide (PAAM). We demonstrate that elastic properties do not alter the maximum spreading ratio, even at high concentrations up to 1000 ppm. We formulate an energy balance that accounts for the inertial, capillary, viscous, and elastic contributions, and yields a dimensionless criterion ($$\Gamma$$) that estimates the degree of elastic effects. We show that $$\Gamma \ll 1$$ for all impact conditions tested, demonstrating that elastic effects are energetically negligible during droplet spreading, opposite to what Weissenberg and Deborah numbers would predict.
Les liquides élastiques, comme le gel, peuvent « se souvenir » de leur forme : si on les tire brusquement, ils se déchirent, mais si on les étire lentement, ils s'allongent comme un chewing-gum.