Un film plastique aussi épais qu'un cheveu, et à l'intérieur, des points de platine plus petits qu'un millionième de millimètre. Ces points se nichent à la frontière de deux couches du transistor et capturent la charge électrique comme une éponge absorbe l'eau. Lorsque la charge s'accumule, le transistor modifie sa résistance — et mémorise cet état.
Le dispositif fonctionne à température ambiante et réagit non seulement à la tension, mais aussi à la lumière. La lumière libère la charge des pièges, et la résistance change différemment. Ainsi, un seul transistor dispose de deux modes d'apprentissage : électrique et optique.
La mémoire du transistor en plastique rappelle la mémoire humaine. La mémoire à court terme — comme se souvenir d'un numéro de téléphone pendant une minute — se renforce si l'on répète le signal. La mémoire à long terme — persiste après la coupure de l'alimentation. Dans ces travaux, les deux formes de mémoire sont réunies dans un seul dispositif.
De tels transistors peuvent être imprimés sur des substrats flexibles, comme des journaux. Ils sont légers, bon marché et ne craignent pas les flexions. Des ordinateurs fabriqués avec eux ne remplaceront pas les puces en silicium, mais ils pourront apprendre à reconnaître des formes directement dans le capteur — sans envoyer les données dans le cloud.
Les points de platine sont si petits qu'environ cent mille de ces points alignés tiendraient dans l'épaisseur d'un cheveu humain.
Dans le roman « Neuromancien » de William Gibson, l'intelligence artificielle stocke sa mémoire dans des pièges à charge distribués — un principe proche de celui de ces transistors.