Un lac qui s'assèche ne baisse pas d'un coup. D'abord, des îlots de terre émergent à la surface, ils s'étendent et fusionnent, puis l'eau quitte le fond désormais exposé. C'est exactement ce qui se passe avec un cristal de mirabilite qui perd son eau : des taches rondes de sel anhydre apparaissent à sa surface, s'étendent latéralement, puis commencent à s'enfoncer.
La mirabilite est un sel dont le cristal renferme beaucoup d'eau : pour une particule de sel, il y a dix molécules d'eau. Lorsque le cristal sèche, l'eau s'échappe et il reste un autre sel, la thénardite. On pensait autrefois que le séchage se déroulait de manière uniforme du début à la fin, mais il s'avère qu'il y a deux étapes distinctes.
Après séchage complet, le cristal se contracte d'environ un tiers et devient stratifié, avec des pores de tailles variées. L'humidité de l'air influence la taille des cristallites de thénardite : par air sec, ils sont petits ; par air humide, ils sont plus gros. Si l'on compare différents sels, certains présentent des taches rondes lors du séchage, d'autres des fissures. La forme de ces taches et fissures permet de prédire comment le sel perdra son eau, ce qui aide à choisir des matériaux pour les accumulateurs thermiques.
La densité énergétique du mirabilite (2,4 GJ/m³) est supérieure à celle des accumulateurs lithium-ion (0,72–1,8 GJ/m³), ce qui en fait un matériau bon marché pour le stockage saisonnier de chaleur.